Vous êtes dans : Accueil > Les incontournables > Communiqués de presse > Menace sur l’Université du Havre : le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche doit faire face à ses responsabilités !
Le 14 décembre dernier, le Conseil d’administration de l’Université du Havre s’est réuni pour examiner le projet de budget 2012. Malgré les nombreux signaux d’alerte envoyés au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et en dépit des efforts de non augmentation de la masse salariale depuis le passage aux Responsabilités et Compétences Elargies dite aussi « autonomie », le Conseil d’Administration de l’Université se trouve dans l’impossibilité de voter un budget en équilibre pour 2012.
Les recettes de l’établissement ne parviennent plus à couvrir les dépenses. L’Université du Havre vient donc grossir les rangs des établissements qui doivent affronter un budget en déficit.
Cette situation très inquiétante était pourtant prévisible. Elle provient du passage à l’autonomie et du transfert de la masse salariale décidée par le gouvernement qui s’est faite sans tenir compte de l’évolution des carrières (donc de l’augmentation des salaires liée à l’ancienneté ou à la promotion) ni même des besoins à pourvoir autrement dit des postes vacants. Nombre de syndicats d’enseignants chercheurs avaient utilement pointé ce danger. Mais le gouvernement est resté sourd !
Comme pour la décentralisation (les charges induites par le transfert de compétences aux collectivités n’ont pas été compensées à l’euro près), le gouvernement n’attribue pas les moyens nécessaires et suffisants à l’Université pour s’adapter à cette nouvelle organisation. Force est de constater que les belles promesses de l’autonomie se sont rapidement muées en « émancipation subie » et se traduisent à présent en « asphyxie »…
Si le MESR n’intervient pas d’urgence, l’Université du Havre ne pourra bientôt plus assurer ses missions d’enseignement et recherche. A terme, c’est donc l’avenir de cette Université qui est en jeu. Dans les autres facultés contrairement aux propos lénifiants de M. Wauquiez qui déclarait que "la grande majorité des établissements est en bonne santé financière ", la situation n’est pas plus reluisante.
Beaucoup d’universités, au prix d’artifices comptables, parviennent à boucler leur budget pour 2012 et à masquer jusqu’à ce jour leurs déficits d’exécution. Mais à quel prix ? Non seulement, la plupart de ces Universités doivent rationaliser très fortement les heures complémentaires mais devront aussi à terme fermer nombre de formations qui ne font pas le plein d’étudiants. Résultat : des choix de formations réduits à peau de chagrin pour les étudiants et plus globalement une diminution de la qualité des formations existantes.
Bien loin de renforcer l'attractivité et le rayonnement de l'université française, cette réforme mal conduite par le gouvernement abîme un peu plus l’enseignement supérieur et la recherche française. Cette situation est inacceptable ! Le gouvernement doit faire face à ses responsabilités !