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Après l’échec des négociations du Conseil des ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche visant à empêcher la disparition progressive du Programme alimentaire européen d’aide aux plus démunis (PEAD), Alain Le Vern recevait ce mercredi les représentants de la Croix Rouge, de la Banque alimentaire de Rouen et du Havre, des Restaurants du cœur et du Secours Populaire.
Les associations – qui pendant plusieurs mois ont dénoncé la réduction de près de 400 millions en faveur du PEAD - se déclarent très inquiètes pour l’avenir. Si aucun accord n’intervient lors de la prochaine réunion des ministres européens de l’Agriculture et de la pêche prévue au mois d’octobre, les associations ne pourront faire face aux besoins alimentaires des plus démunis alors même qu’avec la crise, les files d’attente pour obtenir de quoi se nourrir ne cessent de s’allonger.
Pour Alain Le Vern « Au-delà des déclarations de principe en faveur du maintien du PEAD et du rejet la faute sur la Commission européenne, l’action du gouvernement français paraît bien timide…Faut-il s’étonner qu’après avoir accepté et encouragé la baisse des crédits européens dédiés à la politique de cohésion, le gouvernement français par la voix de son ministre de l’Agriculture soit à présent incapable de convaincre ses interlocuteurs du bien-fondé d’un solide financement du PEAD ? Les Français doivent comprendre que ce n’est pas la faillite de l’Europe ou de ses institutions qui est en cause puisque la Commission et le Parlement ont mis sur la table de réelles propositions de solution. Il s’agit bien de l’échec des Etats membres et de leurs responsables politiques ».
Il poursuit, « l’intérêt des populations européennes les plus pauvres ne parvient pas à transcender les égoïsmes nationaux des plus riches. Je note que trois des 6 pays* qui rejettent tout accord font partie des 10 pays les plus développés du monde. Je regrette que l’axe franco-allemand soit incapable de se mobiliser et de s’accorder quand il s’agit de nourrir les plus pauvres parmi nos pays alors qu’il se met en branle pour rassurer les marchés financiers et sauver les banques… Les symboles ont leur importance. Comme jamais depuis plus de cinquante ans, la construction européenne est à un tournant »
Le Président de la Région Haute-Normandie et Sénateur de Seine-Maritime conclut : « Le report de la décision n’incite pas à l’optimisme. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de faire preuve de transparence afin de connaître précisément les raisons de l’échec des négociations. De cette manière, nous pourrions identifier les moyens de pression les plus efficaces pour débloquer la situation. D’ici à la prochaine réunion du Conseil européen, les associations concernées ainsi que toutes les forces de la société civile doivent –appuyés par leurs représentants politiques - rassembler encore plus largement au sein de leurs propres frontières nationales et coordonner leurs actions à l’échelon européen. Seule une mobilisation européenne de masse est susceptible de faire réagir les gouvernements »
[*] L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque